Impact paysager et conséquences

La première image de  notre région est sur la RD 133.

Cette route est probablement l’un des grands axes locaux qui déverse son lot de touristes, ne seraient-ils qu’en transit, vers la Drôme Provençale et le Pays de Grignan, (qui ne semble pas s’émouvoir de ce projet). D’où l’importance de ne pas dénaturer ce grand axe et de l’entretenir avec soin. C’est notre première vitrine. Cette préoccupation échappe évidemment aux acteurs du projet en cours. Ça les interpelle d’autant moins qu’un autre projet mortifère viendra en son temps compléter le tableau désastre. Vous n’avez pas oublié que le PLU a été approuvé par l’équipe municipale encore en place à ce jour. Alors, vous souvenez-vous qu’il y était inclus un projet d’implantation d’une ferme de panneaux solaires et d’éoliennes ? C’est dans le PLU, ça peut nous tomber dessus à tout instant ! Il ne faut pas chercher bien longtemps pour comprendre que le plateau des Chirouzes, ses vignes à perte de vue, ses lavandes, c’est du passé. Soyons modernes que diable ! Salopons tout ce qui peut l’être pour trois sous ! Notre ami indien vient de nous glisser à l’oreillette que les billets de banque ne se mangent pas, ni ne se boivent. Nous ne développerons pas ici les raisons de notre aversions envers ces machines vertueuses qui produiraient de l’électricité. Un seul exemple suffira pour l’instant : L’équipe Des Granges-Coved qui soutient le projet en cours, ne manque pas de répéter, un des arguments de « l’intérêt général », qu’implanter un centre d’enfouissement aux Granges-Gontardes va dans le sens de la réduction de la consommation des espaces agricoles et naturels. Bon, ces ventilateurs et autres panneaux, ne sont-ils pas consommateurs dévoreurs de ces espaces ? Voyez vous la contradiction ? Ce n’est donc qu’un argument fallacieux qui vole au secours d’un intérêt général, supposé !

Le trafic sur cette route

Dans le document 6_dp_plu_etude_paysagere soumis à EP, page 14, il est écrit : En dépit d’un trafic important au niveau de la RD 133, compris entre 3000 et 9999 véhicules en moyenne par an, et 7390 véhicules par jour, les conditions d’accès garantissent la sécurité routière, et ne nécessite pas de modification de l’aménagement du carrefour existant, en raison des évaluations faites dans l’étude d’impact sur la circulation et le nombre de véhicules induits par la future installation. ». Qu’est-ce que c’est que cette salade de chiffres, de moyenne par an et de véhicules par jour ? Nous avons, là encore, une preuve d’absence de relecture des documents du dossier sur lequel nous devons nous exprimer.

La visibilité du projet d’enfouissement sur cet axe très fréquenté et son intégration paysagère

Page 16 de l’étude paysagère, document 6 du dossier, il est dit : « Le secteur Ui n’est pas visible depuis la RD 133 … », en contradiction avec les pages de la partie « intégration paysagère », du même document. Même affirmation page 35 du document 2, page 57 du document 3, page 47 du document 5, du dossier soumis à l’EP. La page 104 du document 18 « étude d’impact », mentionne cependant : « La D 133 longeant le site d’étude ne présente pas d’enjeux significatifs de perception, du fait de l’épaisseur du bois de chênes qui fait écran. ». Pas d’impact, donc.

Comment encore accorder un crédit au dossier soumis à l’EP, alors que, dans un même document et d’autres, nous lisons une chose et son contraire ?

Le document 6_dp_plu_etude_paysagere, du dossier d’EP, page 2, où il est question de la visibilité du site à partir de la départementale D133, sens Nord ==> Sud. Il est écrit : « Compte tenu de la déclivité de la route, le site du projet y sera visible sur une portion d’environ 750 m. ». Après vérification, le kilomètre est bien entier. Il est également dit que : « Un rapide calcul permet de déterminer que la fenêtre de perception des automobilistes serait de 15 secondes (en tenant compte d’une vitesse de circulation de 80km/h). ». Un « rapide calcul » permet de vérifier qu’un véhicule roulant à 80km/h, parcourt 750 m en 3600 / 80000 X 750 = 33,75 secondes et non 15 secondes comme minimisé dans le « rapide calcul » du document. Un « rapide calcul » sur le kilomètre mesuré, donne une perception du site de 45 secondes, soit trois fois plus que la valeur fournie dans le document ; auquel on retranchera deux généreuses secondes de temps de réaction d’un conducteur normal … Encore des chiffres erronées parce que trop « rapidement calculées », ou toute autre raison ?

La visibilité du site à partir de la RD133 n’est cependant pas le seul point de vue à considérer. La portion d’autoroute dans le sens Bollène ==> Montélimar Sud donne une distance de visibilité du site de 4km. Ajoutons également que la visibilité y est parfaite pour toute l’étendue du site projeté. On y verra très bien les travaux de déboisement, puis d’excavation, puis d’empilement. Un rapide calcul donne 110 secondes de visibilité à 130 km/h, en admettant que tout le monde roule à cette vitesse. Ce sera donc une formidable vitrine pour la Drôme Provençale.

Mais ce n’est pas tout ! Il existe aussi une ligne TGV parallèle à l’autoroute et permettant une bien meilleure visibilité. Les voyageurs auront tout le loisir d’observer ce qui se bricole sur ce terrain à découvert, dans un contexte où la population est de plus en plus sensible à ces questions environnementales.

Le nombre de personnes touchées par les vitrines autoroute et TGV dépasse très largement la fréquentation de la RD 133, qui n’est déjà pas négligeable.
Question : Comment le dossier soumis à l’EP peut-il affirmer que ce site n’aura aucune incidence économique pour le territoire, pas d’impact sur le tourisme ? Qui aurait envie de s’arrêter là où on continue d’empiler du déchet, encore et encore, comme une tradition locale ?

 

Le Merlon arboré

Le document 6 du projet soumis à EP, page 4 de l’intégration paysagère, une image reproduite mainte fois dans le dossier, montre un « merlon arboré » censé masquer l’installation. Il n’est d’ailleurs pas dit ce qu’il est prévu de masquer exactement. Le début du grand chambardement dans le secteur devrait commencer en 2022 ou 2023.

Questions : A quelle vitesse poussent les arbres dans le secteur ? Même en prenant des essences à croissances rapides, à quelle date ceux-ci seront-ils en mesure de masquer quoi que ce soit ?

Question : Combien de propos irréalistes, hors sol pour le coup, sont ils disséminés dans le dossier ?

En guise de conclusion

L’étude d’impact, document18 de l’EP, page 102, 103, 104, relève  toutes ces perceptions, et n’en fait rien. Extraits de l’étude d’impact :

  • Page 207, Agriculture et activités économiques : « Aucune disposition particulière n’est nécessaire en l’absence d’impact. »
  • Page 207, Activités de tourisme : « Aucune disposition particulière n’est nécessaire concernant les activités de tourisme. Le projet n’a pas d’incidence sur le stand de tir et le GR 429.(…) »
  • Tableau page 213, Paysage : « – Points de vue isolés + axes de vue significatifs à l’ouest et au
    sud (statique et dynamique). Modelé en dôme à 180 m NGF – Le projet ne génère pas d’impact et d’enjeux supplémentaires sur le plan du paysage. Il tend même à réduire l’impact visuel, d’une part des terrains de loisirs sportifs sur lesquels il s’implante, et d’autre part des installations de l’ISDND de Combe Jaillet qu’il masquera depuis le sud. » « Impact résiduel : Nul »
  • Dit autrement, à la vitesse de croissance des arbres et à la hauteur où ils poussent ici, l’impact sera nul quand les poules auront des dents ! Sur toute la durée d’exploitation, et vu le phasage prévu, tout le monde verra la progression de la montagne de déchets. Mais l’impact est nul …

 

février 2, 2020